Bonjour, on espère vous arracher un sourire ce matin avec cette Une, reste que la situation est pathétique et gravissime, et nous ne sommes qu'au début des réels ennuis... Je rappel que contrairement à ce qui a été dit, nous avons bel et bien été dégradé par Fitch de AA- à A+, et d'autres agences de notation doivent noter la France dans quelques jours....

Hervé Morin. Fabien Clairefond
TRIBUNE - Contrairement à ce qu’ils déclarent, le président de la République et son ancien ministre de l’Économie ont mené les finances publiques au bord du gouffre, et miné la confiance nécessaire à une économie saine, argumente Hervé Morin, le président (Les Centristes) de la région Normandie.
Flash-back. Dimanche 22 septembre. Bercy. Bruno Le Maire prend la parole face à l’ensemble des collaborateurs qui l’ont accompagné pendant les sept ans passés à la tête du ministère de l’Économie et des Finances. Il est alors entouré d’Antoine Armand et de Laurent Saint-Martin, et les trois hommes se complimentent, s’autocongratulent et rivalisent d’éloges. Funèbre passation de pouvoirs, au cours de laquelle pas un mot n’a été prononcé sur les 3200 milliards de dettes dont le tiers accumulé sous le règne du désormais nouvel enseignant à l’université de Lausanne, en Suisse…, terre d’exil des Français réfractaires à l’impôt.
Les mots ont un sens : en quelques mois, la dette française a été qualifiée par le pouvoir de gérable et alourdie, puis de préoccupante et soutenue, pour finalement devenir explosive et colossale. D’une estimation annoncée à 4,4 % fin 2023, ce chiffre est très rapidement devenu un simple « objectif » en janvier 2024, glissement sémantique généralement annonciateur de zones de turbulences. Sous la pression de son administration, le ministre de l’Économie et des Finances admet en mars 2024 que le chiffre de 5,1 % sera plus en phase avec la réalité. En octobre, nous en sommes encore à espérer qu’il ne dépassera pas 6,2 %. Comment, en dix mois, a-t-on pu en arriver là ? Comment le gouvernement et son ministre des Finances en premier lieu ont pu à ce point s’affranchir des notes alarmantes de l’administration sauf à admettre que le mensonge et la dissimulation, voire la malhonnêteté intellectuelle pour les plus indulgents, ont prévalu sur l’intérêt de la France et des Français ?
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« Si aujourd’hui notre dette est élevée, c’est parce que j’ai sauvé l’économie française » affirmait sans rire Bruno Le Maire en juin dernier. L’extravagance d’une telle phrase laisse pantois celui qui la reçoit. Notre économie mourra donc en bonne santé. En effet, comment peut-on raisonnablement concevoir un tel découplage entre finances publiques et économie réelle ? Le cortège funeste des conséquences de finances publiques dégradées sur l’économie est pourtant connu et… documenté.
À commencer par la hausse des taux d’intérêt, qui affecte les coûts du crédit pour les entreprises et les particuliers, limitant les investissements et la consommation, avec pour résultat défaillances d’entreprise et réduction du pouvoir d’achat. Le poids de la dette ne se fait pas uniquement sentir dans le budget de l’État ; la réduction des dépenses publiques, absolument nécessaire mais dont les modalités actuelles sont délétères, notamment pour les collectivités locales - pourtant premiers investisseurs publics dans l’économie réelle -, entraîne une dégradation des services publics et un affaiblissement de la solidarité nationale. À ce jour, 10 des 96 départements, garants du volet social de proximité, sont en quasi-cessation de paiements.
« Mon intelligence est un obstacle », disait Bruno Le Maire en 2016. Un obstacle au courage politique et à la vérité que nous devons aux Français ?
« Mon intelligence est un obstacle », disait Bruno Le Maire en 2016. Un obstacle au courage politique et à la vérité que nous devons aux Français ? C’est ici que peut se trouver l’explication d’une telle dérive : le manque de courage politique du président Macron et de ses gouvernements successifs, qui ne savent réformer que par incantations et prophéties autoréalisatrices. En effet, comment franchir l’obstacle de la dette en s’appuyant sur une politique de l’offre si l’on ne parcourt que la moitié du chemin ? Une politique de l’offre, telle que celle menée par le président de la République, ne peut être qu’un échec si elle n’est pas couplée à de véritables mesures de réduction de la dépense publique. Notamment celle, structurelle, de l’État, qui, faute de pouvoir se réformer, se défausse sur les collectivités territoriales. La preuve en est qu’il faut revenir en arrière sur la fiscalité des entreprises dans le budget 2025 en cours de discussion. On voit ainsi revenir le cauchemar français : la faiblesse et l’instabilité du cadre compétitif aggravées par les coups de boutoir de finances publiques au bord du gouffre.
Il y a quelques jours, lors d’une interview donnée à Variety, le président Macron se félicitait de la décision prise par la production d’une série américaine diffusée sur une plateforme de garder Paris comme thème central de l’intrigue. Le président estimait alors qu’une décision contraire aurait porté un coup à l’attractivité de la France. Il ajoutait même en anglais : « For my own business, it’s a very good initiative » (« pour ma propre entreprise (ou mes propres affaires), c’est une très bonne nouvelle »). Le CEO Macron aurait dû interroger son DG Attal sur l’état des finances de son entreprise et appliquer quelques recettes de bon sens, vitales pour une entreprise qui désire rester en bonne santé : ne pas dépenser ce que nous n’avons pas.
L'instabilité politique, couplée au contexte international, et les sanctions des agences de notation constatant la situation financière du pays incapable de se réformer conduisent probablement la France à une crise économique et sociale que nous ne mesurons pas encore
Au bout du compte, la France et les Français n’ont plus confiance et, l’économie, c’est d’abord de la confiance ! L’instabilité politique, couplée au contexte international, et les sanctions des agences de notation constatant la situation financière du pays incapable de se réformer conduisent probablement la France à une crise économique et sociale que nous ne mesurons pas encore : l’investissement industriel est à l’arrêt, la consommation des ménages est en berne, l’épargne atteignant des sommets, expression de l’inquiétude de nos compatriotes ; l’immobilier est en panne alors qu’il n’a jamais été aussi difficile de se loger ; les collectivités, qui représentent 60 % de l’investissement public, ne vont plus jouer leur rôle contracyclique après la purge dont elles font l’objet ; si on ajoute les PGE à rembourser pour les microentreprises, des trésoreries qui se tendent, des secteurs touchés par des mesures absurdes, comme la fin du moteur thermique, tout concourt à ce que la France soit en récession en 2025. Heureusement qu’en 2017, au lendemain de son élection, le chef de l’État voulait, selon ses mots, inscrire son mandat dans l’espoir et la confiance retrouvés.
Source : Lefigaro.fr
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