
Le nombre de dossiers de surendettement est en forte hausse. Au total, plus 9,8% de dossiers ont été déposés à la Banque de France en 2025. Des effectifs supplémentaires ont même été mis en place pour assurer le traitement de ces dossiers.
Ces annonces ont été faites mercredi 14 janvier par le gouverneur de la Banque de France, devant la commission des Finances du Sénat. François Villeroy de Galhau a aussi rappelé que l'augmentation était déjà de 10,8% en 2024.
"Le plus grave c'est de faire l'autruche"
Un chiffre inquiétant, mais que Maxime Chipoy, président de Moneyvox, relativise. "Le plus inquiétant, c’est de faire l’autruche et d’attendre que la situation se dégrade jusqu'au moment où vraiment, on n’en peut plus et où ça va être très compliqué à résoudre. Donc c’est un indicateur qui évidemment ne fait pas plaisir mais qui peut être la manière aussi de traiter le problème”, appuie-t-il ce jeudi matin sur RMC.
Surtout, selon lui, les cas les plus fréquents de surendettement ne représentent pas forcément ce que l’on pourrait croire.
"Le cas le plus classique ce n’est pas quelqu’un qui fait n’importe quoi avec sa carte bancaire", assure-t-il.
C’est une situation qui est fragile, quelqu’un qui a des moyens limités et des contraintes énergétiques, de logement, etc, et qui peut connaître un accident de la vie, un divorce, un décès dans sa famille ou la perte de son emploi et là le budget est complètement déstabilisé et c’est là qu’on rentre dans cette spirale”, explique-t-il.
Un sentiment de honte
Pour Pascal, c'est la retraite qui lui a "cassé la figure", dit Pascal. En 2024, l'ouvrier voit ses revenus divisés par deux. Il est atteint d'un cancer et il n'arrive plus à payer le crédit pour sa maison. “Bien sûr que c’est angoissant. Il y a les lettres de relance, les impôts, EDF, l’eau et en plus, je paye 145 euros de mutuelle par mois. Quand j’arrive le 15 du mois, je n’ai plus rien. Je ne peux plus faire de courses, rien. C’est pour ça que j’ai mis ma maison en vente. Moi en ce moment, je me sens sali”, appuie-t-il.
Un sentiment de honte partagé par les personnes surendettées, "qui viennent souvent tard, nous demander de l'aide", souligne l'association Crésus. “Début octobre 2025, toutes les associations m’ont dit avoir accompagné plus de personnes que sur l’année 2024 complète. La situation économique actuelle est compliquée. On a pas mal de contrats précaires qui sont restés précaires. Il n’y a pas eu beaucoup d'embauche donc c’est ce qui peut expliquer un peu cette augmentation”, appuie Pauline Dujardin, coordinatrice de la fédération Crésus.
Elle craint des augmentations successives du nombre de dossiers de surendettement.
Terms & Conditions
Subscribe
Report
My comments